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Les lois britanniques sur les marchés de prédiction pourraient changer alors que la FCA entame des discussions préliminaires avec les opérateurs
Les marchés de prédiction sont légaux au Royaume-Uni, mais ils fonctionnent sous un cadre réglementaire strict. Ils ne peuvent opérer au Royaume-Uni qu’en tant que bourses de paris, une industrie existant depuis le début des années 2000 et popularisée par des plateformes comme Smarkets, Betfair et BETDAQ. L’une des restrictions liées à ce mode de fonctionnement est qu’ils ne peuvent pas servir les marchés financiers. Mais cela pourrait changer.
La Financial Conduct Authority envisagerait, selon les rapports, d’assouplir ces lois et d’ouvrir éventuellement des discussions sur les marchés de prédiction. Si ces pourparlers se concrétisent, cela pourrait également ouvrir les marchés financiers aux marchés de prédiction. Cependant, la FCA n’a pas annoncé son intention de lever les restrictions, ce qui signifie que les marchés de prédiction restent pour l’instant dans une position compliquée au Royaume-Uni.
Portées réglementaires qui se chevauchent au Royaume-Uni
C’est là que les choses se compliquent. Aux États‑Unis, des plateformes comme Kalshi et Polymarket peuvent proposer des marchés couvrant un éventail immense de sujets, notamment le sport, la politique, les marchés financiers, les cryptomonnaies, la culture, le divertissement, la météo et même des événements de nouveauté relativement obscurs. Il s’agit de marchés binaires (oui/non), et l’on peut parier sur pratiquement n’importe quoi, depuis les mots que le président américain prononcera dans son prochain discours, jusqu’à la probabilité qu’il pleuve à New York demain.
Au Royaume‑Uni, ces différents marchés peuvent relever de catégories réglementaires distinctes. Les marchés de prédiction sportifs et politiques relèvent généralement de la compétence de la Gambling Commission lorsqu’ils constituent du jeu, tandis que les contrats financiers et certains autres contrats événementiels peuvent relever du périmètre de la FCA. Cela signifie qu’il n’existe pas un régulateur unique au Royaume‑Uni responsable de l’ensemble du secteur des marchés de prédiction. Au lieu de cela, le traitement juridique varie en fonction de la nature du contrat.
Commission des jeux de hasard sur les marchés de prédiction
Kalshi, ou tout autre opérateur qui imite son offre, ne peut pas simplement se rendre au Royaume‑Uni, obtenir une licence d’intermédiaire de paris et ouvrir son activité. La Gambling Commission du Royaume‑Uni reconnaît les marchés de prédiction comme des bourses de paris. Cela signifie qu’il s’agit d’un marché de pari de pair à pair, où il n’y a pas de maison, mais deux personnes qui échangent des mises contre un prix convenu. Les parieurs fixent le prix, définissent leurs mises (en achetant et en vendant les paris des uns et des autres), et la plateforme ne fait que faciliter cela. Elle prélève une commission pour obtenir sa part.
C’est le modèle qui fonctionne en Grande‑Bretagne depuis 2000, ce qui signifie que la UKGC possède déjà, à juste titre, un cadre réglementaire capable de gérer certaines formes de marchés de prédiction. Et plusieurs des bourses de paris les plus réputées du Royaume‑Uni suivent ce modèle.
- Betfair Exchange
- Smarkets
- BETDAQ
- Matchbook
En février, la UKGC a publié des directives pour préciser comment les marchés de prédiction américains seraient traités en vertu de la législation britannique sur les jeux. Elle a indiqué que de nombreux marchés de prédiction relèveraient probablement du cadre existant des intermédiaires de paris et nécessiteraient une licence de la Gambling Commission. Elle a également averti que les opérateurs ne peuvent pas simplement contourner les règles britanniques sur les jeux en se qualifiant de plateformes financières ou en étant basés à l’étranger.
FCA sur les marchés de prédiction
Aujourd’hui, la FCA couvre tout ce qui concerne la finance, et la position actuelle du régulateur est que les produits de marchés de prédiction financiers qu’elle a examinés constituent des options binaires. En 2019, la FCA a interdit de façon permanente la vente d’options binaires aux consommateurs particuliers au Royaume‑Uni, invoquant le caractère spéculatif et similaire à un jeu des contrats ainsi que le risque de préjudice pour les consommateurs. Dans le Rapport de périmètre de la FCA, cela a été réaffirmé, mais ils ont également indiqué qu’ils examineront s’ils souhaitent approfondir l’accès aux projets, ou clarifier le périmètre.
« Les produits de marché de prédiction (PMP) liés à des événements non financiers (tels que des résultats sportifs ou politiques) relèvent du champ d’action de la Gambling Commission. Lorsque les PMP font référence à des événements financiers ou à certains événements climatiques, ils relèvent de notre périmètre réglementaire. »
Rapport de périmètre de la FCA 2026
FCA en pourparlers avec les opérateurs de plateformes
Cette situation a pris une autre tournure, comme le rapporte une publication du Times, qui affirme que la FCA a engagé des discussions avec des plateformes de marchés de prédiction concernant une éventuelle modification de son approche. Les pourparlers surviennent alors que de plus en plus de clients britanniques se tournent vers les marchés de prédiction basés aux États‑Unis, comme Polymarket et Kalshi, sans passer par les canaux légaux. La demande pour ces produits est élevée, même au Royaume‑Uni, qui possède une industrie des paris mature et d’innombrables opérateurs et bourses de paris légaux.
L’argument de la FCA est clair: si les consommateurs britanniques vont de toute façon utiliser les marchés de prédiction, il serait plus sûr d’intégrer l’activité dans un cadre réglementé plutôt que de contraindre les utilisateurs à se tourner vers des plateformes étrangères. La FCA n’a pas confirmé qu’elle envisage de lever les restrictions, mais le lancement de discussions avec les opérateurs de plateformes montre une intention.
Marchés de prédiction au Royaume‑Uni actuellement
Bien que les marchés de prédiction puissent s’insérer sur le marché britannique grâce à ces licences d’intermédiaire, il n’y a aucun opérateur américain classique présent au Royaume‑Uni actuellement. Kalshi, Polymarket, Crypto.com et Robinhood ont tenté de pénétrer l’Europe, mais aucun n’est légal au Royaume‑Uni pour le moment. À la place, les consommateurs britanniques ont accès aux plateformes de bourses de paris beaucoup plus anciennes, qui offrent un mécanisme globalement similaire pour échanger des positions avec d’autres utilisateurs.
Mais il y a aussi PredictStreet, le marché de prédiction licencié à Gibraltar qui a fait la une pour être le partenaire officiel du marché de prédiction de la Coupe du Monde de la FIFA malgré un lancement quelques mois avant le début du tournoi. Il ne possède pas de licence de paris britannique, mais PredictStreet opère via des partenariats sur la bourse réglementée du Royaume‑Uni, Matchbook, grâce à laquelle il peut proposer ses marchés aux parieurs britanniques.
C’est un bon exemple de partenariat de marché de prédiction en marque blanche, et cela n’est pas non plus rare en Amérique.
Licences des marchés de prédiction aux États‑Unis
Aux États‑Unis, le paysage des marchés de prédiction est partagé entre les opérateurs qui détiennent leurs propres désignations réglementaires et les marques destinées aux consommateurs qui viennent de former des partenariats pour offrir des marchés de prédiction. C’est assez complexe, mais en gros, les seules plateformes autorisées à proposer des marchés de prédiction sont celles qui sont régulées par la CFTC et qui détiennent des licences DCM. Cependant, une marque de jeux d’argent pourrait simplement acquérir l’une de ces sociétés, ou s’associer avec elles, puis intégrer les marchés de prédiction à son portefeuille.
- Kalshi (KalshiEX): Direct
- Polymarket US (QCEX LLC): Direct
- Crypto.com (CDNA): Direct
- DraftKings (Railbird Exchange): Direct, après DraftKings a acquis Railbird
- Novig (Ludlow Exchange LLC): Direct
- ProphetX (ProphetX LLC): Direct
- Interactive Brokers (ForecastEx): Direct
- Underdog (Aristotle Exchange): Direct, après l’acquisition d’Aristotle. Auparavant en partenariat avec Crypto.com et Kalshi
- Fanatics (Crypto.com): Partenariat
- FanDuel (CME Group): Partenariat
- Robinhood (ForecastEx and Rothera): Partenariat
En pratique, un opérateur doit obtenir une licence de Designated Contract Market (DCM) de la CFTC. La licence DCM établit effectivement la plateforme comme une bourse financière fédéralement régulée. Ensuite, l’entreprise peut former des partenariats avec des sociétés de jeux d’argent – le DCM fournissant les contrats régulés, tandis que la société de jeux crée le marché de prédiction destiné aux clients.

Comment le cadre juridique des marchés de prédiction au Royaume‑Uni peut évoluer
Ce cadre opérationnel américain engendre de nombreuses problématiques, notamment celle de l’opposition entre les États et le gouvernement fédéral – les marchés de prédiction pouvant contourner les lois étatiques, la fiscalité des États et les exigences d’âge légal minimum des États. Les batailles juridiques autour de ce cadre durent depuis plus d’un an.
Mais le Royaume‑Uni possède une configuration de marché complètement différente.
Il n’existe pas de bataille équivalente entre les régulateurs fédéraux et étatiques, et la Gambling Commission dispose déjà d’un cadre national pour les bourses de paris. La grande question est donc de savoir si le Royaume‑Uni autorisera les marchés de prédiction à s’étendre au‑delà du cadre des jeux de hasard et à pénétrer les marchés financiers, où la FCA prendrait le relais.
Si la FCA décide de modifier sa position actuelle, plusieurs scénarios sont possibles. Elle pourrait créer un cadre réglementaire spécifique aux marchés de prédiction, autoriser certains contrats d’événements financiers sous les règles existantes des marchés financiers, ou éventuellement mettre en place un système où les opérateurs peuvent proposer différents types de marchés selon le régulateur qui les supervise. Cela pourrait offrir à des entreprises comme Kalshi une voie d’accès au Royaume‑Uni sans les contraindre à fonctionner exactement comme un bookmaker ou une bourse de paris traditionnelle. Si la FCA ouvre finalement la porte aux marchés de prédiction financiers, le Royaume‑Uni pourrait devenir l’un des premiers grands marchés européens où le modèle complet de marché de prédiction à l’américaine serait légalement disponible.
Mais pour l’instant, tout cela reste spéculatif. Les marchés de prédiction devront affronter de nombreux obstacles réglementaires s’ils souhaitent obtenir les mêmes libertés opérationnelles au Royaume‑Uni qu’aux États‑Unis, puis ils devront relever le défi de conquérir un marché des paris déjà mature. Pour le moment, les parieurs britanniques sont en grande partie limités au modèle traditionnel de bourse de paris, tandis que des acteurs comme Kalshi et Polymarket continuent d’opérer en dehors du marché britannique.











