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Merkur s’étend en France avec l’acquisition de 7 casinos Le Stelsia

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Merkur a conclu un accord pour acquérir 95 % de la société qui possède la Société Française de Casinos. Si les autorisations sont obtenues et que toutes les permissions légales nécessaires sont satisfaites, cela pourrait donner à l’entreprise allemande de jeux de hasard le contrôle d’un petit portefeuille de casinos terrestres français de taille moyenne. Il s’agit principalement d’établissements régionaux, répartis à travers le pays, de la Normandie jusqu’à la région des Pyrénées-Orientales. Ce serait une expansion très importante pour la société allemande, qui se spécialise dans les logiciels de jeux, les caisses de jeux terrestres, les casinos en ligne et les paris sportifs ; Merkur possède également un portefeuille de casinos terrestres en Allemagne, son pays d’origine.

L’acquisition, qui devrait être finalisée au premier trimestre 2027 si tout se déroule comme prévu, constitue également une nouvelle tournure dans la saga des casinos terrestres français cet été. En effet, ce n’est qu’en juillet que le groupe Banijay a annoncé son intention d’acquérir le groupe JOA, et ainsi devenir le troisième plus grand opérateur en France.

Merkur acquiert la majorité des actions de Casigrangi

Merkur Spielbanken a accepté d’acquérir 95 % de Casigrangi, la société holding derrière le groupe de casinos Le Stelsia. Cela leur donnerait le contrôle du portefeuille de casinos Le Stelsia, qui comprend les sept établissements de la Société Française de Casinos (SFC). Il ne s’agit donc pas d’une propriété directe, mais d’une participation qui permettrait à la société mère Merkur Group d’exercer une influence sur certains casinos français de catégorie luxe. Voici un aperçu rapide des parties prenantes et de leurs rôles dans la transaction.

  • Merkur Group: groupe allemand de jeux actif dans les machines à sous, les logiciels, les jeux en ligne, les paris et les casinos terrestres
  • Merkur Spielbanken Beteiligungs GmbH: filiale du groupe Merkur spécialisée dans l’exploitation de casinos de détail et d’établissements de jeux
  • Casigrangi: société holding du groupe de casinos Le Stelsia, qui gère directement trois des sept casinos
  • Le Stelsia: groupe de casinos français exploitant sept casinos ainsi que des activités d’hôtellerie et de divertissement connexes
  • Société Française de Casinos (SFC): société de casinos française exploitant les quatre casinos restants
  • Merkur Spielbanken aurait accès aux sept casinos du holding et du portefeuille du groupe de casinos.

Les casinos concernés par l’opération

Les sept casinos fonctionnent sous la même entité juridique et sont largement commercialisés via Le Stelsia Casinos. Ils partagent un programme de fidélité unifié, et la plupart des jeux sont identiques d’un établissement à l’autre – bien que de légères différences nuancées existent quant à l’expérience proposée.

Les établissements gérés par Casigrangi sont des hôtels-casinos de luxe et premium, dotés de salons VIP et misant davantage sur les tables traditionnelles et le poker. Les sites du groupe SFC sont plus abordables, ciblant les touristes voyageurs et les habitants, avec une orientation plus marquée vers les machines à sous à jeu rapide et les jeux de table.

Portefeuille de casinos Casigrangi

Merkur bénéficierait d’une bonne visibilité dans certains des sites touristiques les plus emblématiques de France grâce à ces casinos. Ils sont disséminés sur le territoire français, avec Megève niché au cœur des Alpes françaises, Granville sur la côte atlantique nord, et Mimizan sur la côte ouest, au sud de Bordeaux.

  • Casino de Megève (Haute‑Savoie): Casino alpin destiné principalement aux touristes et aux visiteurs de la station de ski de luxe, proposant des machines à sous, la roulette et le blackjack
  • Casino de Granville (Normandie): Casino côtier accueillant à la fois la clientèle locale et les touristes séjournant dans la station balnéaire normande, avec des machines à sous, des jeux de table électroniques et le blackjack traditionnel
  • Casino de Mimizan (Landes): Casino de la côte atlantique servant les habitants et les vacanciers, doté de 75 machines à sous, de tables de blackjack et de roulette électronique

Ces établissements offrent des expériences luxueuses, combinant machines à sous et jeux de table avec restaurants, bars et autres options de loisirs et de divertissement.

Portefeuille de la Société Française de Casinos

SFC exploite quatre casinos, dont trois sont situés dans le sud de la France et le dernier dans la ville de Châtel‑Guyon, au centre du pays. Le Stelsia Gruissan est de loin la plus grande propriété et génère presque la moitié du chiffre d’affaires brut du groupe SFC.

  • Casino de Gruissan (Aude): Plus grande propriété de SFC, située sur la côte méditerranéenne et offrant plus de 100 machines à sous ainsi que des jeux de table
  • Casino de Châtel‑Guyon (Puy‑de‑Dôme): Casino installé dans une ville thermale historique, proposant des machines à sous et des jeux de table aux résidents locaux et aux visiteurs
  • Casino de Collioure (Pyrénées‑Orientales): Petit casino méditerranéen accueillant touristes et habitants de la ville côtière prisée, avec des machines à sous et des jeux de table
  • Casino de Port‑la‑Nouvelle (Aude): Casino balnéaire plus modeste offrant des machines à sous et des jeux de table aux joueurs locaux et aux vacanciers

Ensemble, ces quatre casinos proposent un mélange de machines à sous et de jeux de table, les machines à sous représentant la grande majorité de l’activité de jeu de SFC.

Les sites allemands de Merkur Spielbanken

Merkur n’est pas étranger à la gestion de casinos ; la division Spielbanken exploite 15 casinos en Allemagne. C’est l’un des plus grands opérateurs du pays, attirant plus de 2,5 million de visiteurs chaque année et proposant un assortiment de jeux de table, de poker, de machines à sous et d’autres divertissements. Le groupe est également présent dans des établissements de jeux hors d’Allemagne, notamment sur les casinos de navires de croisière.

Mais le groupe Merkur, dans son ensemble, est surtout reconnu pour son logiciel de jeux. L’entreprise possède des caisses de jeux de détail partout dans le monde. En 2025, Merkur a acquis Gaming Arts, une société basée au Nevada, afin d’élargir son accès aux casinos américains, et a renforcé cette relation en rachetant White Hat Studios en 2026. Les machines à sous Merkur sont disponibles sur tous les principaux marchés de jeux de détail, avec une distribution dans :

et d’autres encore. Cette opération avec Casigrangi ouvrirait les portes à leurs voisins, la France, qui possède une industrie du casino très intrigante.

Le secteur français des casinos terrestres

La France possède une importante industrie des casinos de détail, mais les casinos en ligne sont illégaux. C’est l’un des rares pays européens à interdire encore les jeux d’argent en ligne, et malgré les efforts visant à légaliser les casinos en ligne en France, un secteur entièrement licencié pourrait rester à plusieurs années. Les loteries d’État en ligne, les paris sportifs, les paris hippiques et le poker en ligne (peer‑to‑peer, comme le Texas Hold’Em) sont autorisés. En revanche, les jeux de casino en ligne tels que les machines à sous, le blackjack, la roulette, le baccarat et le craps ne le sont pas.

Quant au secteur de détail, il est actuellement dominé par deux grands opérateurs nationaux : le Groupe Barrière et le Groupe Partouche. Ces deux groupes possèdent certains des plus grands casinos de France, dont beaucoup sont situés dans des stations balnéaires, des destinations touristiques et des villes thermales. Ce qui est encore plus intrigant, c’est que les casinos de détail ne sont pas légaux à Paris. En effet, il est interdit de construire un casino dans un rayon de 100 km autour de Paris, à l’exception d’Enghien‑les‑Bains, et seuls les clubs de jeux – ou « gaming clubs » – sont autorisés.

Malgré ces restrictions, la France s’est classée quatrième en Europe en termes de revenu brut de jeu total dans un rapport EGBA de 2025. Le GGR était estimé à 14 milliards d’euros en 2023, juste derrière l’Allemagne (14,4 milliards d’euros), le Royaume‑Uni (19,8 milliards d’euros) et l’Italie (21 milliards d’euros). Sur ces 14 milliards, 3,8 milliards provenaient des secteurs en ligne (paris sportifs, courses hippiques, loteries et poker en ligne), et les 11,2 milliards restants provenaient du secteur terrestre.

acquisition du groupe Merkur du casino Le Stelsia à Megève, France

Évolutions du jeu commercial en France

La France n’a pas de casinos en ligne et adopte également une position ferme contre les marchés de prédiction, étant l’un des régulateurs européens les plus vocaux sur ce secteur. Cette posture n’a toutefois pas nui à l’industrie française du jeu, qui demeure l’une des plus importantes d’Europe. Merkur, qui possède indéniablement un vaste portefeuille de casinos en ligne, estime qu’il existe un fort potentiel en France. Et ils ne sont pas les seuls.

En juillet, Banijay Gaming a adopté une approche similaire pour pénétrer le secteur des casinos terrestres français. Elle a acquis le groupe JOA, un opérateur régional disposant d’un réseau de plus de 30 casinos de taille moyenne répartis sur tout le pays. Banijay avait, auparavant, acquis le groupe Tipico, et l’idée pour JOA était d’intégrer les solutions de paris sportifs numériques au réseau de casinos français.

L’accord de Merkur est beaucoup plus modeste et ne vise qu’à contrôler sept casinos. Mais il pourrait y avoir davantage derrière cela. Bien que cela ne se concrétise peut‑être pas dans l’immédiat, des parlementaires et des initiés plaident toujours pour la légalisation des casinos en ligne. Si cela se produisait, les opérateurs déjà implantés dans le secteur terrestre disposeraient déjà de l’infrastructure et du savoir‑faire nécessaires pour se lancer rapidement. C’est encore spéculatif, mais il n’est peut‑être pas fortuit que deux grands acteurs du jeu numérique aient investi cet été dans le secteur des casinos terrestres français.

Daniel écrit sur les casinos et les paris sportifs depuis 2021. Il aime tester de nouveaux jeux de casino, élaborer des stratégies de paris sportifs et analyser les cotes et les probabilités à l'aide de feuilles de calcul détaillées – tout cela fait partie de sa nature curieuse.

En plus de ses écrits et de ses recherches, Daniel est titulaire d'un master en conception architecturale, suit le football britannique (ces jours‑ci davantage par tradition que par plaisir en tant que supporter de Manchester United) et adore planifier ses prochaines vacances.