Licences
Le comité du Sénat brésilien approuve des restrictions sur les publicités et les parrainages liés aux paris
Le Comité sénatorial brésilien de la science et de la technologie (CCT) a approuvé, le 2 septembre 2026, un projet de loi qui interdit la publicité pour les paris à cote fixe et les jeux en ligne sur les chaînes de diffusion, numériques et de messagerie, prohibe le parrainage par les sociétés de paris et crée un délit de promotion d’opérateurs non agréés, Agência Senado a rapporté. Le comité a également approuvé une demande d’urgence pour une analyse par l’ensemble du Sénat.
La proposition, PL 2.470/2026, a été présentée le 19 mai 2026 par la sénatrice Damares Alves et six autres sénateurs, selon la page de suivi législatif du projet de loi. Elle modifie la loi 14 790 du 29 décembre 2023, le texte connu sous le nom de Lei das Bets qui régule les paris à cote fixe au Brésil, en introduisant des mesures destinées à protéger la santé mentale, les consommateurs et les finances familiales. Le comité a approuvé un rapport favorable du rapporteur, le sénateur Alessandro Vieira, sous forme de texte de substitution.
« Il s’agit d’une initiative multipartite », a déclaré Vieira. « Elle découle de la prise de conscience actuelle de l’ampleur des préjudices causés par les soi‑disant paris. »
Restrictions publicitaires et de parrainage
Le texte approuvé interdit toute communication commerciale directe ou indirecte pour les paris à la radio et à la télévision, dans les journaux et magazines, sur les médias extérieurs, ainsi que sur les services de streaming, les podcasts, les réseaux sociaux, les plateformes vidéo, les applications, les sites web, les blogs, les forums, les moteurs de recherche et tout autre environnement internet. La restriction couvre également les messages instantanés, les SMS, les courriels, les notifications, la publicité ciblée automatiquement par des algorithmes, la publicité réaffichée aux personnes ayant déjà eu un contact avec tel contenu, ainsi que le profilage basé sur le comportement des utilisateurs.
La publicité est en outre interdite dans les jeux électroniques et les esports, sur les uniformes et le matériel sportif, dans les transports publics, et dans le contenu produit par des affiliés, comparateurs et autres intermédiaires rémunérés, y compris les tipsters, c’est‑à‑dire les personnes qui fournissent des pronostics, des conseils et des analyses sur les résultats probables d’événements sportifs.
Les bonus, crédits promotionnels, paris gratuits, remboursements, tours gratuits, récompenses et programmes de fidélité destinés à encourager l’inscription, la rétention ou le retour aux paris sont prohibés. Le texte interdit également les messages présentant les paris comme une activité sans risque, une source de revenu, une solution financière, un profit certain, une méthode garantie ou un moyen de récupérer des pertes.
L’interdiction ne s’applique pas aux communications institutionnelles strictes sur les canaux officiels d’un opérateur autorisé, tels que son site web, son application, les zones internes de sa plateforme et ses canaux de service. Dans ces espaces, l’information doit se limiter à l’identification de l’entreprise, aux canaux officiels, aux règles d’accès, aux mécanismes d’auto‑exclusion et de blocage, ainsi qu’aux avertissements obligatoires, sans promesse de gains, de bonus, d’invitation à parier, de boost payant ou de fonctionnalités destinées à attirer et retenir l’attention de l’utilisateur. Les opérateurs seront responsables des actes des affiliés, agences, influenceurs et autres tiers rémunérés ou incités à les promouvoir commercialement.
Le parrainage par les sociétés de paris est interdit pour les clubs et autres entités sportives, les fédérations, les ligues, les compétitions, les diffusions sportives, les événements culturels, les spectacles, les projets éducatifs et sociaux, les organismes philanthropiques, les organisations de la société civile, les partis politiques, les candidats et les campagnes électorales, ainsi que pour les influenceurs numériques, les athlètes, les artistes et les célébrités. L’interdiction couvre l’exposition de la marque, les droits de dénomination, les licences, les ambassadeurs et toutes autres formes d’association promotionnelle. Les actions de parrainage impliquant des enfants et adolescents, les écoles et les catégories sportives jeunes sont également prohibées, et les sociétés de paris ne peuvent associer leurs marques à des campagnes ou projets liés à la santé mentale, à la prévention du suicide, à l’éducation financière, au traitement des troubles du jeu, à l’assistance sociale, à la prévention du surendettement ou à la protection des familles vulnérables. Le texte prévoit un délai de 24 mois pour adapter ou résilier les contrats de parrainage, et les nouveaux, renouvelés ou prolongés contrats ne seront admis que si leur durée se termine dans cette période.
Protection des joueurs, classification des risques et application
Les opérateurs ne peuvent pas utiliser les données de personnes auto‑exclues, en traitement ou ayant demandé un blocage marketing afin de les réactiver. Les messages et offres répétés ou intrusifs dirigés vers les utilisateurs qui ont réduit leur fréquence de jeu, enregistré des pertes importantes, déclenché des limites ou manifesté des comportements à risque sont également prohibés, tout comme l’exploitation de la crise économique, du chômage, du surendettement, de la souffrance émotionnelle, du deuil, de l’anxiété, de la dépression, de la solitude ou d’autres conditions de vulnérabilité pour attirer, retenir ou réactiver les parieurs.
Les opérateurs doivent maintenir en permanence des mécanismes de vérification d’âge, d’auto‑exclusion et de limites volontaires de temps et de dépenses, ainsi que des informations sur le comportement de jeu de chaque utilisateur, l’auto‑exclusion devant s’appliquer à tous les opérateurs autorisés. Le texte interdit les paris effectués via crédit, l’utilisation de modèles prédictifs pour identifier les moments de plus grande vulnérabilité, et les mécanismes de conception de plateforme qui compliquent la décision consciente de l’utilisateur d’arrêter de parier, de quitter le service ou d’activer des limites et des blocages. Les opérateurs doivent maintenir des alertes permanentes concernant le jeu compulsif, le surendettement et la perte d’actifs, et adopter des protocoles vérifiables pour identifier les comportements à risque.
La proposition établit des critères de classification des produits selon leur potentiel de préjudice, incluant les résultats instantanés ou de courte durée, la répétition continue à intervalles courts, l’usage de mécanismes aléatoires pour déterminer les issues, les récompenses intermittentes, les stimuli de quasi‑succès, les incitations à récupérer des pertes, ainsi que les fonctionnalités qui entravent l’interruption ou induisent des paris successifs, impulsifs ou de valeur croissante. Les produits offerts au public doivent faire l’objet d’une évaluation préalable par un organisme de la branche exécutive fédérale afin d’être définis par règlement. Les produits classés à haut risque seraient soumis à des mesures spécifiques de réduction du préjudice, tandis que les produits jugés excessivement risqués, tels que la roulette, les machines à sous, les jeux de crash et les sports virtuels simulés, ne pourraient pas être proposés.
Les fournisseurs d’applications, les plateformes numériques, les services d’hébergement et les intermédiaires médiatiques doivent retirer les promotions et campagnes irrégulières après notification de l’autorité compétente. La notification doit identifier clairement et spécifiquement le contenu pointé comme irrégulier, garantir des procédures contradictoires et une pleine défense, et le contenu journalistique, académique, parlementaire, artistique et d’opinion est expressément préservé. Les opérateurs et les sociétés qui leur sont liées sont également interdits d’acquérir, de licencier ou d’exploiter des droits sur des événements sportifs se déroulant au Brésil. Le texte de substitution intègre les nouvelles infractions dans le système de sanctions de la loi de paris de 2023, qui prévoit des amendes pouvant atteindre 2 milliards de R$.
Parmi les principales modifications apportées par Vieira figure la création d’un crime de promotion d’un opérateur de paris non autorisé, puni d’une peine d’emprisonnement de un à cinq ans. La sanction peut être augmentée d’un sixième à deux tiers lorsque la promotion est réalisée par un influenceur numérique, un athlète ou une personnalité connue, en raison de leur plus grande capacité à atteindre le public. Le rapporteur a également ajouté une règle bloquant les professionnels ayant entretenu un lien pertinent avec un opérateur ou un organisme représentatif du marché d’occuper certaines fonctions de régulation pendant 24 mois, avec une période de quarantaine équivalente lors du passage du régulateur au secteur privé.
Audition publique et prochaines étapes
Le comité a tenu une audition publique sur le projet de loi le 1er septembre 2026, au cours de laquelle des représentants du gouvernement et du secteur des paris ont présenté des positions divergentes. Marcelo Kimati Dias, directeur du Département de santé mentale, alcool et autres drogues du ministère de la Santé, a déclaré lors de l’audition qu’environ 25 millions de Brésiliens pariaient sur des plateformes légalisées en 2025 et que les soins liés aux jeux et aux paris au sein du réseau de santé publique avaient augmenté de 140 % entre 2018 et 2025. Il a indiqué que les personnes présentant des problèmes de jeu ont un risque de suicide jusqu’à 15 fois supérieur à celui de la population générale, et que seulement 1 % des revenus des paris sont transférés au ministère de la Santé.
Francisco Cordeiro, consultant national pour l’Organisation panaméricaine de la santé, a cité une étude publiée par l’institution en décembre 2025. « Pour chaque real que l’État perçoit, le pays dépense au moins environ 4 R$ pour faire face aux dommages », a‑t‑il déclaré. Daniel Amaral Nunes Carnaúba, directeur du Département de défense du consommateur du ministère de la Justice, a indiqué que le département maintient des procédures administratives enquêtant sur la publicité irrégulière des paris, les influenceurs numériques et les entreprises liées au marché illégal.
Carlos Lima, représentant l’Institut brésilien du jeu, a cité une étude d’Aliciar Consultoria qui, selon lui, montre que l’endettement des Brésiliens provient d’autres facteurs, tels que l’achat de téléphones portables, les services de streaming et les boissons alcoolisées, le jeu se classant en dernier dans le sondage. Il a affirmé que le secteur réglementé représente 9,6 milliards de R$ de recettes pour le pays, plus de 15 500 emplois directs et indirects, et un chiffre d’affaires brut de 35 milliards de R$. Carlos Eduardo Cabral Lima, président exécutif de l’Institut brésilien du jeu responsable, a soutenu que le principal défi du secteur est de combattre les plateformes clandestines, soulignant que le marché réglementé dispose de vérification d’identité, de limites de paris et d’outils de protection qui n’existent pas sur les plateformes illégales.
Andiara Maria Braga Maranhão, coordinatrice‑générale du suivi du jeu responsable au Secrétariat des prix et des paris du ministère des Finances, a indiqué que le gouvernement fédéral a lancé sa plateforme centralisée d’auto‑exclusion en décembre 2025 et que plus d’un million de personnes ont utilisé cet outil. Elle a précisé que la législation actuelle interdit la participation des personnes de moins de 18 ans et fixe des règles pour la publicité, le service aux consommateurs et la sensibilisation aux risques.
La page de suivi législatif montre que le projet de loi a été approuvé lors de la 30ᵉ réunion extraordinaire du comité le 2 septembre 2026, sous forme d’amendement de substitution de Vieira, et que le dossier sera transmis au Comité des affaires sociales du Sénat, qui pourra le trancher de façon définitive. La demande d’urgence a été transmise à la Secrétariat général du Sénat pour délibération.











