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L’Ontario approuve les jeux de hasard transfrontaliers dans un changement majeur pour le poker et les DFS
La Cour d’appel de l’Ontario a décidé que les joueurs de l’Ontario peuvent jouer contre des personnes en dehors du Canada. Le jugement, qui a été contesté par les agences de loterie et de monopole des autres provinces, a été rendu avec l’approbation de quatre des cinq juges, qui ont voté en faveur de l’autorisation des opérateurs de jeux de hasard réglementés par la province à permettre les jeux de hasard transfrontaliers.
En regardant le tableau d’ensemble, c’est une victoire massive pour les applications de DFS et les salles de poker en ligne. En limitant l’action à la province, les joueurs de l’Ontario avaient moins d’adversaires et de pairs pour jouer contre. En conséquence, les opportunités étaient plus rares, les jeux de cash étaient plus rares et les piscines de prix – la plupart desquelles sont constituées de frais d’inscription – n’étaient pas aussi désirables. Tout cela pourrait changer, et les opérateurs qui n’offraient pas ces services pourraient déjà chercher des partenariats avec des fournisseurs de solutions pour élargir leur offre.
Contexte du jugement
La procédure a été initiée en 2024 par le ministère du Procureur général, qui souhaitait obtenir des éclaircissements sur les lois sur les jeux de hasard dans le Code criminel canadien concernant le regroupement des joueurs de l’Ontario contre des personnes en dehors du Canada. Le jugement, énoncé à la section 207(1) (a) du Code criminel canadien permet:
“au gouvernement d’une province, soit seul, soit en conjonction avec le gouvernement d’une autre province, de conduire et de gérer un schéma de loterie dans cette province, ou dans cette province et l’autre province, conformément à toute loi adoptée par la législature de cette province;”
L’interprétation à l’époque était que les opérateurs de jeux de hasard canadiens ou les opérateurs de loterie pouvaient gérer leurs opérations à l’intérieur de leurs territoires autorisés, ou, dans certains scénarios, travailler avec d’autres régulateurs à travers les frontières provinciales.
Cependant, la dernière partie a été largement contestée par les régulateurs et les législateurs. Et l’idée que les casinos en ligne de l’Ontario et les opérateurs de jeux de hasard pourraient dépasser non seulement les frontières provinciales mais également étendre leurs produits pour attirer des joueurs internationaux était très controversée. C’est-à-dire, jusqu’à ce que la Cour d’appel de l’Ontario décide autrement.
La Cour suprême règle sur les jeux de hasard transfrontaliers
Le 12 novembre, la Cour d’appel a rendu son verdict, déclarant que les opérateurs de l’Ontario pouvaient permettre aux joueurs de jouer contre leurs pairs internationaux. Les piscines de joueurs fermées, qui étaient limitées aux joueurs locaux, ont également forcé des opérateurs comme DraftKings et FanDuel à se retirer de l’Ontario.
D’autres marques restent limitées sur le marché, et il n’y avait pas suffisamment de marché pour attirer les opérateurs avec des produits de jeux de hasard en ligne, mais pas de produits de pari entre pairs ou de fantasy. Jusqu’à présent, les jeux de poker entre pairs ne contribuent qu’à environ 2 % du marché des jeux de hasard en ligne de l’Ontario.
Potentiels tensions et obstacles réglementaires
Ce jugement rendra possible pour les opérateurs de jeux de hasard en ligne réglementés de connecter les joueurs de l’Ontario à leurs pairs internationaux, tant que les activités sont réglementées et gérées par les plateformes de jeux de hasard en ligne de l’Ontario. Mais ce feu vert n’est pas la fin de l’histoire. Il y a encore de nombreux obstacles juridiques à surmonter
- ACGO doit établir des conditions claires pour les produits, en définissant la portée, les définitions juridiques et les exigences
- La mesure dans laquelle les plateformes de jeux de hasard en ligne de l’Ontario acceptent des joueurs internationaux doit être déterminée
- Négociations avec les régulateurs étrangers sur la déclaration fiscale et le partage des revenus
- Intégrations techniques doivent être effectuées pour séparer les portefeuilles de joueurs de l’Ontario et internationaux
- L’Ontario a besoin d’intégrer des cadres de sécurité AML plus stricts et une surveillance transfrontalière
Il y a encore de nombreux obstacles à surmonter, et cela ne signifie pas que les joueurs de l’Ontario peuvent s’attendre à jouer au poker contre des joueurs du Brésil, ou à participer à des concours de fantasy sports américains. Il y a également une question sur la nécessité d’une licence et d’une autorisation séparées pour cette catégorie, car le marché peut devenir énorme et l’ACGO devra trouver un système qui ne soit pas vulnérable aux failles ou à la manipulation.
Quels produits de jeux de hasard sont affectés
Presque tous les opérateurs de jeux de hasard en ligne de l’Ontario peuvent bénéficier de ces procédures, des casinos en ligne aux maisons de pari sportif de l’Ontario, et tous les intermédiaires. Les plateformes qui ont des tournois, qu’il s’agisse de concours de slots, de paris sur le football de la NFL, de pools de survie de la NBA, ou de concours de leaderboard pour tous les jeux de casino, tous ces produits ont le potentiel de croître si l’Ontario met en œuvre de nouvelles lois sur les jeux de hasard transfrontaliers.
Il est clair que cela ne signifie pas que les opérateurs de l’Ontario obtiendront des revenus de joueurs à l’étranger. Non, mais cela signifie que le marché des jeux de hasard en ligne de l’Ontario déjà prospère aura des opportunités plus grandes, ce qui augmentera l’engagement et l’activité dans ces produits.
Les plateformes qui tournent autour des jeux de pairs ou des concours peuvent gagner le plus avec ce jugement. Ceux-ci incluent:
- DFS
- Salles de poker
- Bourses de pari entre pairs
- Salles de bingo
Marques qui pourraient bénéficier
Pratiquement toutes les marques de jeux de hasard en ligne de l’Ontario réglementées peuvent bénéficier d’une manière ou d’une autre. Mais l’accent principal sera mis sur les DFS, le poker, les produits de pari entre pairs et les salles de bingo.
Les marques de DFS comme DraftKings et FanDuel ne sont pas actuellement disponibles en Ontario en raison de l’interprétation réglementaire stricte. Cependant, avec le jugement, ils ont maintenant une raison de revoir leur stratégie et de potentiellement faire un retour. Les opérateurs de poker de l’Ontario comme PokerStars, GGPoker, 888 et WSOP suivront les procédures avec un microscope. Le potentiel du poker en Ontario est énorme, et l’ajout de joueurs internationaux donne une liquidité plus grande, ce qui peut servir le marché et offrir aux joueurs de l’Ontario une expérience de poker plus maîtrisée.
L’Ontario n’a peut-être pas beaucoup de bourses de pari ou d’applications de pari entre pairs, à part STX, qui a des produits de pari sportif canadiens avec des échanges de pari. Le modèle de commerce de pari entre pairs exige plus de joueurs, car cela crée plus de possibilités pour les joueurs de remplir les paris de leurs pairs et de faire des prédictions qui peuvent être remplies. Si l’espace pour ce type de produit augmente, il y a de nombreuses grandes bourses de pari qui pourraient s’intéresser à s’installer en Ontario.
Les opérateurs de bingo, Keno et les opérateurs de produits de loterie entre pairs alternatifs peuvent également bénéficier des changements. Fondamentalement, tout type de jeu de casino en ligne qui oppose les joueurs les uns aux autres, qui utilise des concours de joueurs, ou qui utilise des piscines de prix à partir d’inscriptions et de lignes peut bénéficier si l’Ontario met en œuvre de nouvelles lois sur les jeux de hasard transfrontaliers.

Un précédent pour le reste du Canada ?
Le jugement n’est pas définitif, et il y a encore de nombreux problèmes que les régulateurs doivent prendre en compte si cela se produit. Avant tout cela, il y a une chance de faire appel de la décision à la Cour suprême du Canada. La Coalition canadienne des loteries, CLC, représente de nombreuses agences de jeux de hasard à travers les autres provinces canadiennes, qui étaient pour la plupart opposées au jugement.
Bien sûr, à l’inverse, si tout se passe comme prévu et que les opérateurs de l’Ontario peuvent le transformer en un succès, cela ouvre la voie à une grande question pour les autres provinces. C’est-à-dire si elles vont considérer le fait de suivre l’Ontario et d’ouvrir des modèles de jeux de hasard similaires pour leurs propres secteurs. L’Alberta est sur la bonne voie pour le faire, mais de grands joueurs comme la Colombie-Britannique et le Québec sont encore attachés à leurs monopoles de jeux de hasard gérés par l’État. Si tout se passe comme prévu, cela pourrait être une autre raison pour que ces provinces, et d’autres territoires canadiens, évaluent leurs options et considèrent les avantages de suivre les traces de l’Ontario.